Jazz-Box, une histoire de rencontres...

 

     Jacques Thévenet est un sacré briscard de la bande FM. Après plus de vingt ans à jouer les trublions de la bande FM, Jacques Thévenet poursuit sa route sur Aligre FM (93.1 à Paris) au travers d’une émission, Jazzbox, qu’il a créée il y a maintenant 5 ans (diffusée en direct live le samedi de 17h à 18h) et au cours de laquelle il  reçoit, telle la maison du bonheur tout  bon  musicien  désireux de prêcher la bonne parole du jazz et de tailler un peu la bavette avec l’ami Jacques. Sans chichi, porte ouverte à tous, à la bonne franquette, le studio reçoit parfois un invité et un seul mais aussi parfois 4 ou 5 selon le moment et le courant passe. C’est du live ! C’est parfois le grand bazar. C’est du free….. Œuvre  de  passionnés,  de  passionnants,  histoire  d’amour,  réseau  d’amis  hertziens,  courant ininterrompu de jovialité bonhomme.

         Il faut dire que le jazz, l’ami Jacques y est un peu tombé dedans quand il était petit. Et par la voie la plus  inattendue.  De  celle  qui  aurait  pu  le  jeter  dans  d’autres  univers  musicaux  bien  plus psychédéliques. Parce que Jacques, le jazz qu’il découvre la première  fois, est celui de la révolution qui gronde, de la révolte qui sourd, celui du free jazz. Ainsi dans les années 67-68, alors qu’une autre révolte s’annonçait, un jour en rendant visite à des copains américains qui résidaient dans une petite maison du côté de St Leu la forêt, Jacques désarçonné de ne plus reconnaître les lieux, curieusement envahis de trucs bizarres, de caisses, de bidons, de gongs, de pleins d’instruments  tubulaires et autres trucs à résonances, s’adresse à un grand black à barbichette qui se tenait sur le perron. Il venait de s’adresser à Lester Bowie et faisait son initiation au jazz par le Art Ensemble Of Chicago.

         Nous sommes dans les années 68. La période est propice à toutes les expériences nouvelles. Jacques joue  de divers instruments, invente avec  des  copains  la fameuse  «  trompette  marine  »  (qu’il sera certainement le seul à avoir pratiqué), triture les sons, expérimente, voyage, rencontre des gars , des peuples, des musiques variées et rythmées et des musiciens de l’autre bout du monde….à la rencontre de  son  imaginaire.  Je  crois  que  même encore aujourd’hui, du  côté  de  la  rue  de  Montreuil  il  n’est toujours pas rassasié de surprises. C’est du moins ce que laisse penser son  petit sourire malicieux à l’inconnu qui franchit la porte de son studio. Avec Jazzbox, il conjugue ses deux absolues passions : la radio  et  la  musique.  Parce  que  l’ami  Jacques,  c’est  un  raide  dingue  de  radio.  Ses  premières expériences commencent sur des radios pirates et des radios libres de la région parisienne au début des années 80  :  « A l’époque, une  auditrice de  Cambrai m’avait écrit une  lettre très  charmante », les nuages transportaient les ondes jusque là bas…

         Il a trouvé sur Aligre FM, cette belle radio éclectique née en 1981 grâce à la libération des ondes, des animateurs  qui  comme  lui  avaient  soif  de  rencontres  et  de  découvertes.  Une  radio  de  la  parole échangée avec sérénité et passion, une radio de liberté où recevoir un artiste inconnu et autoproduit est une chance. Et d’ailleurs Jacques ne s’en prive pas. Il ne sélectionne ses invités qu’en fonction de ses coups  de cœur. Se  sont croisés sur son plateau des personnes aussi différentes que Steve Lacy (une rencontre pour lui absolument inoubliable), Claude Bolling et son histoire du jazz,  Paco Sery, Mario Canonge,  David  Linx  (qui lui  fit découvrir  Jeff  Buckley),  Doudou  N’diaye  Rose et  ses  tam  tam d’Afrique, Pierre Blanchard, et tant d’autres. Son émission parle de tous les jazz (jazz classique, jazz-rock, free  jazz,  afro-jazz,  jazz  fusion,  hip  hop…). C’est  un  lieu  d’accueil pour  les  musiciens, les labels, les éditeurs, les patrons de salles. A découvrir de toute urgence sur Aligre FM- 93.1 en direct live tous les samedis de 17 à 18H.

Interview réalisée par Régine Coqueran et Jean Marc Gelin le 18 février 2005.